Après une prothèse totale de genou (PTG), l'escalier est un excellent exercice… mais aussi le plus exigeant. Tout se joue sur la récupération de la flexion et de la force du quadriceps. Voici les délais réalistes et la bonne méthode.
Contrairement à la hanche, où le risque principal est la luxation, la prothèse de genou pose surtout un défi de mobilité et de force. Monter une marche demande de fléchir le genou puis de le verrouiller en poussant sur la cuisse : deux fonctions justement mises à mal par l'opération et l'œdème des premières semaines. C'est pourquoi l'escalier est à la fois redouté et… recommandé, car il fait travailler exactement ce qu'il faut récupérer.
Cette difficulté est temporaire. Elle recule au rythme des séances de kinésithérapie, qui visent deux objectifs précis : regagner l'amplitude de flexion (idéalement 90° puis plus) et réveiller le quadriceps, ce muscle de la cuisse qui stabilise le genou dans l'escalier. Tant que ce travail est en cours, mieux vaut sécuriser la montée que de s'équiper lourdement.
Pour poser le pied sur la marche du dessus, il faut fléchir le genou opéré : sans une flexion suffisante, le geste est impossible. Pour descendre, c'est encore plus dur, car le quadriceps doit freiner la descente du corps en excentrique, ce qui est très sollicitant sur un genou récent. C'est la raison pour laquelle beaucoup de personnes remontent l'escalier avant de savoir le redescendre confortablement. Les exercices de flexion (talon qui glisse, vélo d'appartement sans résistance) et de renforcement du quadriceps prescrits par votre kiné sont donc la clé directe de votre progression dans l'escalier.
La règle est la même que pour la hanche et mérite d'être mémorisée : on monte avec la jambe non opérée en premier, on descend avec la jambe opérée en premier. La jambe saine fait ainsi le gros de l'effort. Au début, procédez une marche à la fois (les deux pieds se rejoignent sur chaque marche avant de continuer), en tenant la rampe et en gardant vos cannes le temps autorisé. La montée alternée « pied par pied », plus naturelle, revient quand la flexion et la force le permettent, souvent après plusieurs semaines.
La récupération après PTG est souvent un peu plus longue et plus « travaillée » qu'après une hanche. Repères indicatifs :
Le gonflement et une raideur matinale sont normaux plusieurs semaines : ils ne signifient pas un échec, mais imposent de ne pas forcer dans l'escalier.
Le froid après l'effort limite l'œdème qui gêne la flexion. Une seconde main courante, des marches bien éclairées et antidérapantes, et le respect scrupuleux des consignes du kiné suffisent à traverser la période. N'installez rien de définitif tant que le genou gagne encore en mobilité : ce serait renoncer trop tôt à une récupération qui, dans la grande majorité des cas, rend l'escalier de nouveau accessible.
Cette page fait partie de notre dossier complet sur la difficulté à monter les escaliers. Selon votre cas, ces guides peuvent vous être utiles :
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Parce que la descente exige que le quadriceps freine le poids du corps genou fléchi, un effort « excentrique » très sollicitant sur une articulation récemment opérée. La montée, elle, peut s'appuyer davantage sur la jambe saine. La descente s'améliore avec le renforcement du quadriceps guidé par votre kinésithérapeute. Ces informations ne remplacent pas un avis médical.
Une flexion d'environ 90° est souvent nécessaire pour monter une marche standard confortablement, et davantage pour descendre avec aisance. Regagner cette amplitude est l'un des grands objectifs de la rééducation : c'est elle qui conditionne votre retour à l'escalier. Suivez le programme de flexion prescrit par votre kiné.
En principe non : la gêne est temporaire et se résout avec la rééducation. Un monte-escalier ne se justifie que si une difficulté durable coexiste (arthrose sévère de l'autre jambe, autre pathologie). Attendez d'avoir récupéré avant toute décision d'équipement.
Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Avant toute décision concernant votre santé ou votre convalescence, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien ou votre kinésithérapeute.